Notre dossier : Quand Michel Drucker offre un bichon à Jacques Chirac

Publié le par Tout sur Michel Drucker

D'abord, la vidéo :

 

Puis les commentaires : D'abord, dans Le Monde avec un billet de Franck Nouchi


Jacques Chirac a bien de la chance. Pour son 77e anniversaire, Michel Drucker lui a offert un charmant petit bichon maltais. Au nom "de votre serviteur" et "de votre famille", a précisé l'animateur, soucieux de faire oublier le sympathique mais néanmoins agressif Sumo, exilé chez des amis pour cause de dépression post-Elysée. Comme nous sommes dans l'année des "e", Drucker, un brin insolent, a suggéré d'appeler "Edouard" le nouveau compagnon de l'ancien chef de l'Etat. Cette cérémonie bon enfant avait lieu dimanche 29 novembre, au terme de l'émission "Vivement dimanche" sur France 2. Pour cette "exclusivité", Anne RoumanoffJean-Pierre Coffeet autre Claude Sérillon avaient été exfiltrés. La presse avait été mise au parfum. TV Magazineavait ainsi révélé un "scoop" : pour la première fois, Martin, le petit-fils de Jacques Chirac, allait s'exprimer à la télé. Quant à Jacques Chirac, photographié dans le même magazine en train de poser une main sur l'épaule de Michel Drucker, il assurait : "Michel est vraiment un membre de la famille !" Teasing oblige, Le Journal du dimanche avait eu la primeur de la photo de l'ancien président. La légende était aux petits oignons : "A qui appartient le bichon sur ses genoux ? Réponse entre 19 et 20 heures." L'émission elle-même avait un côté Jours de France, le magazine dirigé par feu Marcel Dassault. Pas la moindre question gênante, cela va sans dire ; quelques invités triés sur le volet (Bernadette, Claude, François Pinault, etc.) ; et surtout un Michel Drucker encore plus gentil qu'à l'accoutumée, c'est dire.
L'animateur, qui confie avoir rencontré Jacques Chirac pour la première fois en 1965, à Orvilliers, chez 
Georges Pompidou, tient là un bon filon. Tous les dimanches, il pourrait ainsi nous convier à l'anniversaire d'un personnage public important. Les candidats ne manqueraient pas. Nicolas Demorand, qui, dans le dernier numéro de Télérama, se plaint de ne plus trouver de personnalités politiques acceptant de débattre dans ses émissions, surFrance Inter ou sur France 5, n'aurait plus qu'à fermer boutique. A force de soumettre chaque matin ses invités aux questions incisives deThomas Legrand ou de Bernard Guetta, cela devait bien finir par arriver. Entre une interview classique (et donc contradictoire) et un pur exercice de communication, le choix est vite fait. Demorand a beau dire : "Les politiques se plaignent du règne de la petite phrase, mais, dès qu'on leur propose un face-à-face long et fouillé, ils refusent", il retarde. Grâce à Michel Drucker, nous sommes aujourd'hui entrés dans le règne du bichon.
Précisons pour finir que l'avènement du bichon ne concerne pas seulement l'audiovisuel. La presse écrite, elle aussi, est concernée. C'est simple, au 
Monde, on réfléchit déjà au cadeau que nous pourrions offrir à Nicolas Sarkozy pour son anniversaire. Ce sera le 28 janvier.

Sur Europe 1, on apprenait lundi que le chien offert par Michel Drucker n'était pas le vrai cadeau. Commentaire d'Arrêt sur images :

L'animal était un chien "témoin" choisi pour l'enregistrement de l'émission. Le bichon qui rejoindra la famille Chirac n'a que deux semaines et il se trouve encore à l'élevage. Mais c'est l'intention qui compte, non ?



Télérama n'est pas en reste. Lisons ce qu'en dit Samuel Gontier. Attention, ce n'est qu'un extrait.

C'est pas choupinet, ce chien-chien à son pépère pour son 77e anniversaire ? J'ai quand même tressailli lorsque Michel Drucker a dit : « J'ai un cadeau pour vous, au nom de votre serviteur. » Je me demandais de quel « serviteur » il parlait. Je regardai dans tous les coins du décor : pas trace de chambellan en livrée. Je devais me rendre à l'évidence : Michel Drucker se considère comme le « serviteur » de Jacques Chirac. Mais alors… Celui-ci avait-il besoin d'un second toutou ? Un bichon frisé ne fait-il pas double emploi avec un Drucker à poil ras ? Ne risquent-ils pas de s'entendre comme chien et chat ? Qu'en dit la SPA ?

Pour clore provisoirement ce dossier, précisons que les audiences de l'émission avec Ozap.com :

L'émission - qui s'est déroulé sans public, contrairement à la tradition - a rassemblé un très large public dès 18h45 : 5,1 millions de téléspectateurs en moyenne selon Médiamétrie, soit 22,6% du public. Un score largement au-dessus de la moyenne de l'émission. Du coup, le leader habituel, le magazine “Sept à huit” sur TF1, est en baisse : seulement 5,6 millions de téléspectateurs, soit 1 million de moins que la semaine dernière.


Bonus :
• La chronique de Didier Porte dans Le fou du Roi sur France Inter :

 

 • L'article de Rue89 en cliquant ici

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