Santé de Johnny Hallyday : entretien dans le Journal du dimanche

Publié le par Tout sur Michel Drucker

johnny hallyday et michel drucker largeur article big

Voici l'entretien paru dimanche dans le JDD :

Avez-vous des nouvelles de Johnny? 
J’attends le communiqué officiel des médecins. Pour le moment, je ne tiens pas compte des différentes rumeurs.

Etes-vous en contact avec Laeticia? 
Vous savez, j’ai des rapports amicaux avec cette famille depuis toujours. Là, je préfère les laisser tranquilles. Je sais qu’ils sont dans un grand état de stress.

Vous aviez vu Johnny ces derniers temps? 
On s’envoyait régulièrement des textos sur sa tournée parce que je savais qu’il vivait un calvaire. En fait, je suis très étonné qu’il n’ait pas eu un arrêt aussi violent dans sa carrière compte tenu de ce qu’il demande comme effort à son organisme depuis tant et tant d’années. Est-ce que vous imaginez ce que ce corps a encaissé dans sa vie et, plus particulièrement, ces dernières années?

Justement, on a parlé d’une tournée de trop. Qu’en pensez-vous? 
Johnny n’est pas un malade comme les autres. Il n’écoute personne. Il a toujours fait ce qu’il avait envie de faire. Moi qui le connais depuis quarante-six ans – on s’est rencontrés, on avait 22 ans tous les deux – je l’ai toujours vu tirer sur la corde. A 30, 40 ans, ça va; passé 60 ans… Le corps n’est pas une machine. Johnny, je le vois souffrir dans sa chair depuis des années. Et plus encore depuis – ce que tout le monde oublie de rappeler – cette folie d’avoir couru le Paris-Dakar à 60 ans. Après ce Dakar, je lui ai envoyé un ami à moi qui était l’ostéopathe de l’équipe de France de foot, celui qui, pendant des années, a soigné le dos de Ronaldo, de Zidane, de tous les grands de la génération de la Coupe du monde 1998. Un jour, Johnny avait très mal; je lui ai donc envoyé cet ostéo, chez lui, à Marnes-la-Coquette. Le praticien est revenu et il m’a dit: "
Je te parle franchement: le dos de Johnny, c’est du travail. Il va falloir qu’il s’arrête pendant un mois. Il faut que tu lui dises de s’arrêter parce qu’il a le dos en très, très mauvais état. Sans parler de la fragilité de ses hanches." Je dis ça à Johnny. Trois jours après, il partait pour Toronto tourner un film avec Depardieu et Bohringer. Il y a quelques mois, nous avons fait une émission ensemble. Il se tordait de douleur dans sa loge. Il a pris du Voltarene, qu’il prend comme des pastilles Valda, pour tenir debout pour chanter. Il se fait opérer d’une première hernie il y a un an. Au lieu de rester calme, trois jours après, il part tourner un film à Hongkong. Là, il se fait opérer d’une seconde hernie et il s’en va à Los Angeles. C’est-à-dire qu’à chaque fois qu’il a été opéré, il est parti au bout du monde aussitôt après.

Il a toujours été comme ça ? 
Johnny est quelqu’un qui se croit toujours indestructible, qui est très dur au mal, qui ne sait pas rester immobile. Je n’ai jamais vu quelqu’un avec un tel courage physique. Je l’ai souvent au téléphone pendant sa tournée, et les derniers mois, je ne sais pas comment il est monté sur scène, tellement il souffrait physiquement. Il était épuisé. A chaque fois que nous nous sommes vus, ses premiers mots étaient: "
J’suis fatigué…" Ça fait dix ans qu’il me dit ça. Ce qu’il vient de subir là, c’est quand même très sérieux.
 

"Ces derniers mois, il était épuisé"

A propos de santé, vous a-t-il consulté sur le choix du Dr Delajoux ? 
Je connais très peu M. Delajoux, et ce n’est pas moi qui me permettrai de porter un jugement médical. Quand Johnny s’est fait opérer par lui il y a un an, ça s’est très bien passé et il n’est pas étonnant qu’il lui ait fait confiance pour cette dernière opération. Entre la dernière opération et celle-ci, il y a eu cette tournée incroyable, et il y a eu aussi cette ablation d’un polype. Johnny ne sait pas se reposer. Après son opération des intestins, qu’est-ce qu’il a fait? Il est parti à Saint-Barth.

Pour vous, c’est illusoire de le retrouver en tournée en janvier ? 
De toute façon, il va sortir de cette aventure extrêmement fatigué. Il lui faudra beaucoup de repos. La plus belle histoire d’amour de Johnny, c’est le public: il a besoin de ça. Cette tournée-là, c’est la dernière grande pour lui. C’est quelqu’un qui a quarante-huit ans de carrière. S’il n’avait pas un diamant dans la voix, je ne sais pas comment il aurait fait pour faire cette carrière. Il s’est beaucoup abîmé. Il faut savoir que Johnny est quelqu’un qui n’est pas facile à soigner. Il s’est fait opérer de la cataracte il y a quelques mois. Son médecin lui dit: "
Il faut rester trois jours au calme avec une coquille sur l’œil, des lunettes noires, pas de vent, pas de poussière." Le lendemain soir, il chantait à Dunkerque pour les Miss France! Avec la tournée qu’il engageait et à l’âge qu’il a, c’est quelqu’un qui devrait, en sortant de scène, s’allonger toute la journée, sans parler, sans voir de gens, s’économiser et dormir.

Vous pensez qu’il devrait s’arrêter? 
Il va falloir qu’il s’arrête longtemps, qu’il se repose. J’espère, moi, qu’il va enfin comprendre, en sortant de ce cauchemar, qu’il a 66 ans! Et ce qu’il a donné, Johnny, depuis qu’il a 17 ans… Tant que les médecins n’ont pas dit officiellement ce qu’il a, on ne peut rien dire sur la gravité de son mal. A-t-il une septicémie? Un staphylocoque doré? Il est trop délicat de spéculer.

Vous comptez vous rendre à Los Angeles? 
Malheureusement, je ne peux pas. Sinon, j’y serais allé volontiers. Mais je suis assez confiant: Johnny est un bagarreur.

• Retrouvez l'article sur le
JDD
17629 

Commenter cet article