Polémique : Michel Drucker ne veut pas inviter Marine Le Pen

Publié le par Tout sur Michel Drucker

Vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a jugé "scandaleux" mardi de ne jamais avoir été invitée par Michel Drucker dans son émission "Vivement dimanche", estimant que les journalistes du service public avaient un "devoir" de pluralisme.

Début novembre, Michel Drucker avait confié sur le plateau de l'émission "On n'est pas couché" qu'il n'avait pas l'intention d'inviter Marine Le Pen, tout comme il n'avait pas invité son père, Jean-Marie Le Pen.

 

Voici l'article d'Emmanuel Berretta du Point :

logo_lepoint.gifInterrogée sur Radio classique, Marine Le Pen a jugé "scandaleux" le boycott dont elle fait l'objet de la part de Michel Drucker. L'animateur de Vivement dimanche avait fait part de son aversion vis-à-vis des Le Pen, père et fille, sur le plateau de Laurent Ruquier, le 6 novembre, dans l'émission On n'est pas couché. En réaction, la leader frontiste appuie où ça fait mal : "C'est un véritable scandale, d'autant que Michel Drucker est sûrement extrêmement bien payé par les contribuables français puisqu'il est sur le service public. Il a oublié probablement ce que voulait dire le service public."

Et Marine Le Pen, donc, d'expliquer que le service public implique un "devoir", celui "de ne pas exclure le représentant ou la représentante de millions d'électeurs". Au premier tour de la présidentielle de 2007, la candidature de Jean-Marie Le Pen avait rassemblé les voix de 3.834.530 électeurs, soit 10,44 % des suffrages exprimés. En comparaison, Olivier Besancenot, qui, lui, a eu le loisir de partager avec Michel Drucker un après-midi de convivialité, a réuni 1.498.581 suffrages exprimés en mai 2007, soit 4,08 %. Reste que, reçu en mai 2008, Besancenot détient, à ce jour, la meilleure part d'audience de l'émission dans la catégorie "invités politiques" avec 21,3 % des téléspectateurs devant leur téléviseur ce jour-là. Petit dans les urnes, fort à la télé, ce n'est pas incompatible. En pleine bataille pour prendre la tête du FN, Marine Le Pen doit être impatiente de vérifier ce théorème pour elle-même...

Divertissements

À France Télévisions, l'embarras de la direction est palpable. Il est inenvisageable de contraindre Michel Drucker à recevoir des invités qu'il ne souhaite pas interviewer. Par ailleurs, Vivement dimanche etVivement dimanche prochain ne relèvent pas d'émissions d'information mais de divertissement. Le rendez-vous de Michel Drucker, basé sur l'empathie, rend ainsi sympathique tout homme politique qui s'assoit dans le canapé rouge de l'émission. Surtout, Thierry Thuillier, le patron de l'information du groupe France Télévisions, n'est pas décideur. Lui ne peut que veiller au pluralisme des émissions politiques telles que Mots Croisés ou À vous de juger. Marine Le Pen y est d'ailleurs très souvent invitée. 

Thuillier et, avant lui, Arlette Chabot ont bien tenté de peser sur la direction du groupe pour empêcher les politiques de filer vers les émissions de divertissement. Certains politiques, pour soigner leur image, avaient la fâcheuse tendance à éviter les questions, plus ennuyeuses, des journalistes politiques ou les joutes verbales avec les adversaires. Rémy Pflimlin a, de nouveau, été sensibilisé à cette question par Thierry Thuillier. 

Le Point.fr a sollicité une réaction du président de France Télévisions. Nous attendons sa réponse. Toujours est-il que ce n'est pas à Michel Drucker ou à Laurent Ruquier - qui nourrit les mêmes réticences envers Marine Le Pen - de définir qui est exclu des émissions de divertissement de France 2. Cette responsabilité est trop importante pour être laissée à la seule appréciation de saltimbanques qui n'ont avec le service public qu'un rapport de fournisseur à client. Car ni Michel Drucker ni Laurent Ruquier ne sont des salariés de France 2. Leur autonomie, réelle en matière d'invitations, se heurte ici aux prérogatives et obligations de l'entreprise publique.

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