Renaud Revel revient sur l'entretien de Fogiel par Drucker

Publié le par Tout sur Michel Drucker

Au tour de Renaud Revel, spécialiste des médias de L'Express, de raconter le face à face Drucker-Fogiel sur son blog :

C’est le mystère le plus insoutenable du moment,
 la question la plus taraudante du jour: Michel Drucker et Marc Olivier Fogiel s’aiment-ils ? La rivalité Villepin-Sarkozy ? Peccadilles, comparé au bras de fer que se livreraient ces deux titans des médias ! Voilà plusieurs jours, en effet, qu’une partie de la presse, dont le Parisien, se nourrit de l'entretien enlevé qu’ont eu ces deux animateurs sur l’antenne d’Europe 1, il y a quelques jours, un face à face dont les rédactions des hebdos télés et pas seulement, font l‘exégèse.
Invité à parler de son livre, A mon tour d’être sur le grill, une autobiographie aussi vide qu’un réfrigérateur d’anorexique, un bouquin qui ne restera ni dans les mémoires, ni sur les étalages, Fogiel pensait disposer d’une petite rente de câlineries avec le gentil Drucker. Mais  la mijoteuse s’est fait barbecue et «Michel » y est allé gaiement. Et si la presse s’interroge, c’est que ce dernier ne nous avait pas habitué jusqu’ici à des interviews de ce calibre: on a frôlé la profanation. 
Son style Pitt-bull, le caractère sirupeux de son livre, son attitude à l’égard de Brigitte Bardot, cette soudaine amnésie concernant l’ancien PDG de M6, Jean Drucker, dont Fogiel aurait omit de saluer la mémoire dans son ouvrage…que n’a t-il pas reproché à son collègue d’Europe 1, qu’il semblait vouloir l'effeuiller sans se lasser ?
Interrogés après coup sur ce face à face iconoclaste, les deux hommes ont affiché la mine de ceux qui venaient de passer un bon moment: les questions avaient été posées, sans complaisance, certes,  et les réponses apportées.
Cette petite affaire, qui n’en est pas une, doit être lue à la lumière de ce que vit Europe 1 depuis maintenant un peu plus d’un an. Arrivé dans les valises du nouveau patron de la station, Alexandre Bompard, Marc-Olivier Fogiel reste aujourd’hui le symbole de la relance de cette station: son incarnation et sa colonne vertébrale. L’échec de Marc-Olivier Fogiel à Europe 1 ouvrirait une crise. En misant pleinement sur cet animateur, Alexandre Bompard a fait le choix de la jeunesse et de la rup-ture. Et c’est autour de Fogiel, sorte d’épicentre, que s’est construite la grille des programmes. Une programmation à laquelle l’ancien animateur de M6 a été en grande partie associé. Et l’été aura vu se jouer à Europe 1, comme à RTL et à Inter,  une jolie partie de bonneteau. Décidé à rebattre les cartes à l’horizon de la rentrée 2009, Alexandre Bompard exile Drucker en début de soirée, confine Marie Drucker dans une case moins dorée, le samedi, et installe l’un des « Fogiel boy », Guy Carlier, dans la tranche 8-9 heures.
Tout cela a naturellement suscité quelques crispations en interne. Notamment chez Michel Drucker, qui a finalement digéré la pilule et trouvé son rythme. A la vérité, seules les audiences décideront de la suite. Implacable juge de paix, Médiamétrie a livré lundi dernier des premiers sondages intermédiaires, dans l’attente de la publication, à la mi-novembre, de chiffres définitifs. Silence radio dans les étages d’Europe 1, (comme de RTL), où ces chiffres ne sont jamais communiqués, puisque  destinés à être corrigés au fil des semaines prochaines. Un seul indice pour l’auditeur sur l’état de santé de tel ou tel journaliste ou animateur: la promotion de son programme à l’antenne.
Si dans les jours qui viennent vous entendez un grand  nombre de spots de pub vous invitant à écouter Drucker ou Fogiel, c’est que l'électrocardiogramme de l'un de ces deux hommes, a quelques ratés. Dans le cas contraire, tapis rouge.               

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