Michel Drucker interviewe Lance Armstrong

Publié le par Tout sur Michel Drucker



Dimanche soir, dans “Vivement dimanche prochain”, Michel Drucker interviewera le champion cycliste Armstrong. Il s'est rendu à Aspen, dans le Colorado pour enregistré cet entretien qui bénéficie d'une importante couverture média : un article jeudi matin dans Aujourd'hui en France, un article dans Paris-Match et une interview dans TV Magazine


A quelques jours du départ de la Grande Boucle, Michel Drucker a rencontré Lance Armstrong sur ses terres, dans le Colorado. « A sa demande », s'enthousiasme le journaliste, qui a préparé ce rendez-vous exclusif pendant près de six mois. Il a partagé, deux jours durant, la vie du champion sur les pentes d'Aspen, dans les Rocheuses, où il vit avec sa famille. Avant la diffusion de son portrait dans “Vivement dimanche” (28 juin sur France 2, 18h50), le champion américain a accepté de répondre à ses questions.

Michel Drucker : Comment vous sentez-vous à huit jours du départ de ce Tour, qui ne sera pas pour vous un Tour comme les autres ?
Lance Armstrong : Beaucoup se demandent pourquoi je suis de retour. Je vais avoir 38 ans en septembre. Je me suis arrêté trois ans et je prends le risque de ne plus être ce que j'étais. Je me sens bien physiquement. Ma 12e place dans le Giro (en Italie) est pour moi une grande satisfaction.

Michel Drucker  : Pourquoi avoir décidé de revenir alors qu'on pensait que vous aviez pris votre retraite ?
Lance Armstrong : Pendant ce long arrêt, je me suis surtout consacré à ma fondation, LiveStrong, qui aide à la recherche contre le cancer. C'est une de mes priorités aujourd'hui. En revenant sur les routes du Tour, je veux qu'on applaudisse aussi celui qui a guéri du cancer. Je me suis également beaucoup occupé de ma famille (son dernier fils, Max, est né il y a un mois, NDLR) et j'ai continué à m'entretenir physiquement. J'ai disputé plusieurs marathons dont celui de New York.

Michel Drucker  : Cette terrible maladie semble  être encore présente dans votre esprit ?
Lance Armstrong : Comment oublier cette période, la plus douloureuse de ma vie. J'avais 24 ans quand j'ai appris que j'avais un cancer des testicules avec des métastases aux poumons qui gagnèrent très vite le cerveau. J'étais anéanti. Les médecins me donnaient moins de 40 % de chance de survie. J'ai subi deux opérations chirurgicales et mon organisme a encaissé quatre cycles de chimiothérapie. Très vite, j'ai compris que ma seule chance de rester en vie était le combat. Un véritable corps à corps avec cette « putain » de maladie. C'était elle ou moi. Si j'ai gagné sept Tours de France, je le dois aux leçons que j'ai tirées de mon combat contre la maladie.

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Michel Drucker : Vous avez l'image de quelqu'un de déterminé qui possède un mental d'acier. D'où vous vient cette volonté à toute épreuve ?
Lance Armstrong : C'est dans mon enfance que vous la trouverez. Ma mère, que je considère comme la femme de ma vie, m'a élevé seule. Elle n'avait que 17 ans quand je suis né. Elle était encore lycéenne, ce qui, dans le Texas de l'époque n'était pas bien vu. Je n'ai pas connu mon père biologique, qui a quitté le foyer peu après ma naissance. J'étais encore très petit quand elle s'est remariée avec Terry Armstrong. Il est devenu mon tuteur légal et je porte son nom aujourd'hui. Le souvenir que j'ai de cette période sombre, c'est que ma mère enchaînait job sur job pour que je puisse manger à ma faim et être habillé décemment. Ce que m'a transmis ma mère, c'est une implacable volonté de réussir.

Michel Drucker  : Que représentait la plus grande course du monde quand vous étiez jeune ?
Lance Armstrong : Dès mes premières victoires, à 17 ans, j'ai pensé au Tour. The « yellow jersey »,  pour vous le maillot jaune, me faisait rêver. Eddy Merckx était mon idole. Il est venu me voir aux Etats-Unis quand j'étais malade. Il est un peu mon « père professionnel ». J'ai beaucoup parlé avec lui. Il m'a donné de bons conseils.

Michel Drucker  : Pour la première fois, vous allez devoir partager votre statut de leader avec l'espagnol Alberto Contador au sein de la formation Astana. Comment allez-vous gérer cette situation nouvelle, vous qui avez toujours été seul maître à bord ?
Lance Armstrong : C'est effectivement un cas de figure inédit pour moi. Alberto a beaucoup de talent. C'est le meilleur grimpeur du monde. Il a dix ans de moins que moi, ce qui n'est pas négligeable. Mais il est encore trop nerveux, trop fougueux. En ce qui concerne la stratégie, c'est la course qui décidera. Il faudra être loyal. Et rouler pour celui qui sera en position de gagner.

Michel Drucker : Compte tenu de ces paramètres, pouvez-vous espérer une 8e victoire dans le Tour ?
Lance Armstrong : Tout ce que je peux vous dire, c'est que je suis en très grande forme. Je m'entraîne tous les jours (en moyenne 180 kilomètres à 2 500 mètres d'altitude, NDLR). Souvent seul. Parfois avec Leipheimer et Horner, deux de mes coéquipiers qui sont chez moi actuellement à Aspen. Je pourrai également compter sur Popovitch et quelques autres très bons coureurs. On ne peut pas gagner le Tour sans une équipe très forte. Mon équipe, Astana, sera au top. Le vainqueur sera celui qui aura passé sans encombre les quatre étapes suivantes : Monaco, Andorre, Annecy et le Ventoux. J'espère être parmi les premiers à l'arrivée de ces obstacles majeurs.

Michel Drucker : Concernant le dopage, que répondez-vous à ceux qui mettent systématiquement en doute vos performances ?
Lance Armstrong : Je leur dirai d'abord que je cours depuis très longtemps. Souvent vous voyez un coureur qui arrive de nulle part, qui a un ou deux succès et qui disparaît. Pour moi, c'est cela qui est suspect. J'ai fais mes preuves. Au cours de mes sept Tours de France, j'ai été contrôlé plus que n'importe qui. Fait l'objet d'enquêtes plus que n'importe qui en France et ailleurs. Cette année, j'ai été contrôlé 33 fois. 33 fois ! Demandez aux autres coureurs du peloton combien de fois ils ont été contrôlés. Voilà ma réponse !

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